1re journée : lundi 18 avril 2011

Vous arrivez à l'ANR et trouvez sur votre bureau quatre notifications de MAPI (dont une mortelle), qui concernent l'actuel programme de vaccination contre la rougeole (AVS). Deux d'entre elles sont arrivées de la province de Karoom, une de la province de Weston et une de la province de Kyogo. Chaque notification a été soumise à l'aide du formulaire de notification standard du centre de vaccination et a été examinée par le responsable régional de la santé de la province, avant de vous être transmise.

La campagne de vaccination se déroule depuis fin février et vous n'aviez reçu précédemment qu'une seule notification de MAPI concernant cette campagne. Par la suite, il est apparu que cette MAPI était due à de la fièvre et l'encéphalite a été diagnostiquée comme étant une encéphalite japonaise qui n'était que fortuitement associée à la vaccination.

Sélectionnez les activités que vous entreprendrez ensuite.


Examiner les quatre notifications de cas de MAPI.

Analysez minutieusement les notifications de cas suivantes.

Notification du cas Alabi

Notification du cas Chidawayo

Notification du cas Colpern

Notification du cas Infendi

L'examen des cas notifiés fait partie des premières actions importantes que vous devez entreprendre pour comprendre la situation.

L'élément commun aux cas de la région de Karoomana est le lot de vaccins U-5773.

Ce lot a également été utilisé dans le cas notifié dans la province de Weston. Ces trois cas (dont un mortel) ont été associés à des crises convulsives dans les 24 heures suivant la vaccination.

Un lot de vaccins différent a été utilisé dans le cas notifié à Freeport (province de Kyogo). Cependant, les symptômes notifiés sont différents et les données indiquant un lien causal entre le vaccin et la MAPI sont moins nombreuses.


Contacter le responsable régional de la santé de la province de Karoom.

Après avoir informé le programme national de vaccination, vous téléphonez au bureau du responsable régional de la santé de la province de Karoomana (le Dr Pasquale Ridou), en lui demandant des informations supplémentaires sur les deux cas de MAPI qu'il a notifiés.

  • Cette action est pertinente pour déterminer si la vaccination et les MAPI ont un lien causal. Vous devez rassembler autant d'informations que possible. Le responsable régional de la santé devra faire en sorte de vous envoyer rapidement la MAPI, mais certaines informations importantes peuvent encore être attendues et ne pas figurer sur la notification.

Vous avez l'intention de demander que l'on vous envoie un rapport d'autopsie pour Ahmed Alabi, qui est décédé le 9 avril à l'hôpital de Hinandi. Vous demandez également s'il existe des données hématologiques ou sérologiques pour l'un des deux cas.

Malheureusement, le Dr Pasquale Ridou est absent et son collègue le Dr Ramon Cajal le remplace. Voici ce qu’il vous recommande au téléphone :

« Cher Monsieur Lombard,
Je vous remercie de votre appel. Le rapport de l'autopsie effectuée sur Ahmed Alabi n'est pas encore disponible. Une autopsie a été réalisée à l'hôpital de Hinandi. – Vous devriez les contacter directement.

Je vais vous donner leurs coordonnées. »

  • En l'absence du responsable régional de la santé (le Dr Pasquale), il est important d'agir rapidement. Vous devez donc envisager de demander directement les échantillons de vaccins et un rapport d'autopsie.

Demander à votre secrétaire une carte des localités où se sont produites les MAPI.

Vous demandez à votre secrétaire d'indiquer sur une carte du pays la répartition des notifications de MAPI qui peuvent être liées à la campagne de vaccination contre la rougeole. En moins de 15 minutes, elle a affiché une carte contre le mur de votre bureau et indiqué par des épingles le lieu de chaque MAPI.

  • La cartographie des cas de MAPI peut être utile pour visualiser les caractéristiques géographiques des manifestations qui surviennent.
  • Les réactions au vaccin peuvent être regroupées dans de petites zones, en fonction de la façon dont le vaccin a été distribué, ou liées à une erreur bien localisée du programme. Ces grappes seront évidentes sur une carte.

Contacter le directeur du programme national de vaccination (PNV).

Vous téléphonez au directeur du programme national de vaccination, le Dr Maia Rayon, et vous l'alertez sur la possibilité de la présence d'une grappe de MAPI associée au programme de vaccination contre la rougeole mise en œuvre dans le cadre des activités de vaccination supplémentaires dans la province de Karoomana, ainsi que dans les provinces de Weston et de Kyogo.

  • Vous devez contacter le directeur du programme de vaccination lorsque vous avez besoin d'informations supplémentaires pour confirmer votre hypothèse de grappe.

Elle déclare :

« Oui, j'ai moi aussi reçu des copies de ces notifications aujourd'hui et cela pourrait être préoccupant. Je pense que nous devrions contacter l'un des spécialistes de la rougeole du Comité national d'examen des MAPI, afin d'obtenir des conseils quant à savoir s'il s'agit d'une augmentation significative ou simplement d'une anomalie statistique mineure. »

  • Le comité d'examen est en mesure d'indiquer si l'incidence est supérieure aux prévisions.

Vous demandez ensuite quel est l'état d'avancement du programme de vaccination. Elle recherche les données sur son ordinateur, puis explique :

« La campagne de vaccination de masse non sélective a débuté de manière échelonnée dans toutes les régions à partir du 20 février. Le Reganda compte 1,2 million d'enfants âgés de 9 mois à 5 ans. Nous avons donc estimé que nous aurions besoin de 1,32 million de doses de vaccin. Nous nous sommes procurés le vaccin antirougeoleux Klinigen par l'intermédiaire de l’UNICEF et nous avons distribué le même lot dans l'ensemble du pays en plusieurs phases. S'agissant d'une campagne de vaccination de masse, nous veillons à effectuer des visites des sites locaux, comportant une vérification de la chaîne du froid et de la technique employée par le programme de vaccination.

Jusqu'à présent, le programme progresse de manière constante dans toutes les régions et des rapports allant jusqu'à fin mars indiquent que 230 000 enfants ont été vaccinés. J'estime qu’à ce jour (18 avril), 400 000 enfants ont été vaccinés. Nous pouvons nous attendre à une ou deux MAPI graves au cours d'une campagne de vaccination de cette ampleur avec un vaccin antirougeoleux, mais il est un peu tôt pour dire si ce que nous observons dans la province de Karoomana est significatif.

En ce qui concerne les vaccinations ROR que les enfants reçoivent à 9 mois, nous voyons généralement environ une notification de MAPI pour 1000 enfants mais seulement 1 sur 1 000 000 est fatale ou considérée comme grave. Mais, naturellement ces enfants appartiennent à une tranche d'âge légèrement différente et le vaccin est lui aussi différent.

De toute façon, restez en contact et tenez-moi informée, surtout si vous recevez d'autres notifications de manifestations indésirables. »

  • Cette démarche fournit des données clés sur la manière dont le vaccin est obtenu et administré.

Contacter le distributeur national de vaccins.

Vous téléphonez à M. Yen, le directeur de Yuchong Medical supplies, qui distribue des vaccins dans tout le pays. Vous l’interrogez sur la distribution des lots de vaccin antirougeoleux Klinigen indiqué sur les formulaires de notification de MAPI que vous avez reçus. Vous lui demandez également quels stocks il possède actuellement. Il consulte les données que vous lui demandez et 30 minutes plus tard, une télécopie arrive :

  • Ces informations peuvent également être pertinentes : La distribution du vaccin peut ne pas correspondre à la notification de la MAPI ; la corrélation de la distribution des vaccins avec les notifications des MAPI est donc nécessaire pour identifier une grappe de manifestations associées à un lot de vaccins.

Consulter le comité d’examen des MAPI.

Vous consultez la liste des membres du comité d’examen des MAPI du Reganda et identifiez le Professeur John Urumono, qui s’intéresse particulièrement à la rougeole et est spécialisé dans le calcul des risques associés à la vaccination. Vous expliquez les données figurant sur les notifications des MAPI et lui demandez s’il considère qu’il existe un risque associé aux lots de vaccins.

  • Les experts du comité d’examen des MAPI sont particulièrement compétents pour analyser les informations en ce qui concerne les liens de causalité potentiels entre les MAPI et un vaccin (ou lot de vaccins). Toutefois, compte tenu des informations limitées disponibles, il est trop tôt à ce stade pour contacter le comité d'examen des MAPI. Vous devriez attendre que l’investigation sur la MAPI soit terminée ou au moins commencée.

Il vous demande si vous avez des données sur le nombre de doses de vaccins qui ont été administrées dans l'ensemble du pays et des informations sur les différentes régions. Il a besoin de ces informations pour calculer si le nombre de MAPI dans les provinces de Karoomana et de Weston est supérieur aux attentes.

Vous lui envoyez toutes les données dont vous disposez, y compris des données démographiques du pays.

Région Population Enfants de moins de 5 ans
Kyogo 6 millions 620 000
Ashi 1,2 million 145 000
Trent 1,8 million 185 000
Weston 1,9 million 180 000
Karoomana 3,1 millions 315 000

Sa première réflexion est que les informations sont insuffisantes pour être certain de l'existence d'une véritable grappe de MAPI. Toutefois, il indique qu’il va poursuivre l’investigation et qu’il vous contactera s’il estime qu’une action est nécessaire.

Il vous demande de le contacter si vous recevez d’autres notifications ou informations.

  • Aux premiers stades d’une manifestation, le nombre de MAPI notifiées sera à peine supérieur à l’incidence générale. Il est important d’isoler les données clés (dans ce cas, le vaccin antirougeoleux et le numéro de lot) des autres programmes qui peuvent être mis en œuvre simultanément dans la même région. Vous devez également identifier le meilleur groupe témoin possible (dans ce cas, des MAPI associées à un lot différent du même vaccin, dans le même pays).

Demander que des échantillons de vaccin et de diluant soient envoyés depuis les centres concernés.

Vous contactez le Dr Ramon Cajal, qui réalise les investigations des cas de MAPI dans la province de Karoomana, et vous lui demandez de vous fournir des échantillons du vaccin antirougeoleux Klinigen mentionné dans les notifications de MAPI.

  • Cette activité est pertinente lorsque des éléments indiquent que des problèmes de qualité du vaccin pourraient justifier l'analyse. La collecte d'échantillons, s'ils sont disponibles, est essentielle pour mieux comprendre la qualité du vaccin administré.

Il déclare :

« D'accord. Voulez-vous un vaccin non ouvert provenant du centre où les cas se sont produits, ou simplement des exemplaires quelconques du même lot de vaccins ? Si vous voulez les flacons qui ont été réellement utilisés pour la vaccination, je crains qu'ils n'aient été jetés avec les déchets cliniques il y a plusieurs jours. »

Vous demandez 20 échantillons de vaccins non ouverts ainsi que 20 ampoules de diluant accompagnés de 20 ensembles de seringues et aiguilles provenant du même lot, dans les deux centres concernés.

Il répond :

« Je sais que certains flacons ont été mis de côté dans chacun des deux centres de vaccination. Je vais faire en sorte qu'ils vous soient envoyés par coursier, sur de la glace. »

  • Des échantillons du lot seront nécessaires pour l'analyse qui sera effectuée soit par un laboratoire de référence, soit par le fabricant. Il est essentiel de maintenir la chaîne du froid pendant cette procédure.

Demander une copie du rapport d'autopsie à l'hôpital de Hinandi.

En plus des rapports cliniques sur les trois autres cas, vous demandez une copie du rapport d'autopsie à Ahmed Alabi, Directeur du Service de pathologie de l'hôpital de Hinandi.

  • Une autopsie peut fournir des informations précieuses sur la cause du décès et doit donc être effectuée dans la mesure du possible.

Après avoir établi qui vous êtes, les raisons pour lesquelles vous souhaitez obtenir ces informations et si vous êtes autorisé à les recevoir, la Chef du Service de pathologie indique qu'elle vous enverra le rapport dès qu'elle aura vu les coupes histologiques, qui sont en cours de coloration.

  • Le compte-rendu pathologique peut aider à exclure une infection et d'autres causes de décès concomitantes.

Contacter le fabricant du vaccin.

Vous consultez le site Web du fabricant du vaccin, Klinigen. Vous y trouvez une quantité considérable d'informations sur le vaccin et un point de contact où vous pouvez envoyer un courriel si vous avez des inquiétudes quant à la sécurité du vaccin ou à des réactions indésirables.

  • À ce stade, les informations sont insuffisantes pour être certain que le vaccin est à l'origine des réactions, mais une alerte est utile.

Vous envoyez un courriel contenant une alerte potentielle au sujet du vaccin antirougeoleux.

  • S'il ne le sait pas déjà, il est important d'indiquer au fabricant que vous êtes la personne qualifiée pour recevoir les notifications et prendre les mesures relatives à la sécurité des vaccins dans votre pays.

Vous signez le courriel en précisant que vous travaillez pour l’ANR (Reganda) et que vous vous occupez spécifiquement de la sécurité des vaccins.

  • Lorsque vous contactez une société ou une personne dans un autre pays, la langue peut-être un problème. La correspondance écrite laisse moins de place aux malentendus.