3e journée : mercredi 20 avril 2011

Vous arrivez de bonne heure le mercredi matin. Votre assistante, Shara, attire votre attention sur plusieurs rapports qu’elle vient juste de déposer sur votre bureau. Il y a là sept nouvelles notifications de MAPI, quatre de la province de Karoomana et trois de la province de Weston, qui ont fait l’objet d’une investigation. Une liste descriptive des caractéristiques de ces cas a été rédigée. Parmi ces cas figurent deux décès, mais les cinq autres enfants se sont rapidement rétablis. Toutes ces manifestations sont liées au vaccin antirougeoleux Klinigen et tous les enfants ont présenté des symptômes de convulsions accompagnées d’une fièvre élevée dans les 48 heures suivant la vaccination.

Il y a également la télécopie d’un compte-rendu pathologique envoyé par l’hôpital d’Hinandi.

Sélectionnez les activités que vous entreprendrez ensuite.


Ordonner aux responsables régionaux de la santé d’arrêter d’utiliser le lot de vaccins antirougeoleux suspect.

Vous prenez contact avec le PNV qui envoie un courriel aux cinq responsables régionaux de la santé du Reganda, leur ordonnant de cesser d’utiliser le lot de vaccin antirougeoleux Klinigen U-5773, et leur demandant d’accuser réception du courriel et de prendre les mesures appropriées.

  • Prendre cette décision correspond à une mauvaise gestion de la situation ; rien n’indique une augmentation du nombre de cas, mis à part un lot suspecté. Vous devez limiter cette décision aux provinces de Karoomana et de Weston qui ont reçu le lot concerné.

Dans la journée, vous recevez l’accusé de réception de votre courriel de tous les responsables régionaux de la santé.

Les responsables régionaux de la santé des provinces de Kyogo, Ashi et Trent indiquent qu’ils n’ont aucun vaccin provenant de ce lot.

Les responsables régionaux de la santé des provinces de Karoom et Weston répondent qu’ils ont une partie du lot, mais qu’ils ne parviennent pas à déterminer (compte tenu du peu de temps disponible) exactement dans quels centres il se trouve.


Contacter le directeur du programme national de vaccination.

Vous téléphonez au Dr Maia Rayon, qui a examiné les dernières notifications provenant des provinces de Karoomana et de Weston. Comme vous, elle est d’avis que le problème peut être lié au lot de vaccins U-5773. Vous l’informez que le vaccin a été distribué dans les provinces de Karoomana et Weston.

  • Il s’agit d’une activité importante, car vous faites intervenir les acteurs concernés au niveau national afin qu’ils collaborent avec vous.

Elle déclare :

« Je vais envoyer immédiatement des instructions aux administrateurs du programme des provinces de Karoomana et Weston afin qu’ils cessent d’utiliser ce lot de vaccin. Pouvez-vous veiller à ce que les vaccins du lot U-5773 ne soient plus distribués ? 

Quant au programme dans son ensemble, selon moi rien n’indique qu’un autre lot est concerné. Nous devons donc poursuivre le programme et nous contenter de cesser d’utiliser le lot U-5773.

Nous devons également nous assurer que tous les responsables du programme sont informés de ce qui se passe, afin qu’ils puissent gérer les demandes de renseignements de façon adéquate. Nous devons également préparer une communication destinée au public et au Ministère. » Vous assurez le Dr Rayon que vous fournirez des informations claires au Ministre de la santé, le Dr Meeta Swahami. »

  • Le PNV contrôle les programmes de vaccination au Reganda. Si vous souhaitez interrompre quelque chose rapidement et dans les zones adéquates, c’est comme cela que vous devez procéder.

Consulter le comité d’examen des MAPI.

Vous contactez le Professeur Urumono et lui apportez les dernières informations sur la grappe de réactions dans les provinces de Karoomana et de Weston, où 10 cas de convulsions sont survenus au cours de la semaine dernière (trois enfants sont décédés). Vous l’informez également de l’existence d’un autre cas dans le reste du pays.

  • Mener une investigation en collaboration étroite avec le comité d’examen des MAPI vous permettra de recevoir des avis importants et indépendants émanant d’experts.

Après avoir tenu compte de toutes les informations disponibles et vérifié la fréquence des convulsions, le Professeur Urumono répond : « Ces deux provinces comptent cinq millions d’habitants et peut-être 400 000 enfants dans la tranche d’âge qui est en train d’être vaccinée. J’ai calculé que la campagne de vaccination s’étendra sur 16 semaines. Nous pouvons donc estimer à 25 000 le nombre d’enfants qui seront vaccinés chaque semaine. Tous ne recevront pas un vaccin de ce lot, mais ce sera le cas de la plupart d’entre eux. J’estime donc une incidence de 10 MAPI graves pour 20 000 vaccinations - c'est-à-dire 500 MAPI graves pour un million de vaccinations (avec ce lot). Ce taux est supérieur à ce que nous pouvons attendre pour la vaccination antirougeoleuse, et supérieur à l’incidence dans les autres provinces et au taux de base des convulsions. Compte tenu de ces chiffres, le lot de vaccins doit être retiré. »

Vous le remerciez et lui demandez de vous envoyer ses calculs par écrit.

  • Cela confirme ce que vous suspectiez. Le lot de vaccins doit être retiré.
  • Notez le chiffre de l’incidence pour votre rapport.

Contacter le fabricant du vaccin.

Vous contactez le fabricant de vaccins Klinigen. Vous déposez tout d'abord un message sur leur site de sécurité, pour les alerter des 10 MAPI que vous avez enregistrées à la suite d'une vaccination par son vaccin antirougeoleux. Vous le contactez ensuite par téléphone et demandez à parler à la personne chargée de la sécurité et de la surveillance post-homologation. Vous êtes mis en relation avec M. Gunther Stiegman.

  • Des règles d'engagement transparentes sont le gage d'une bonne collaboration avec les fabricants de vaccins, qui peuvent fournir des informations utiles et agir en cas de manifestation indésirable.

Vous indiquez de nouveau les données que vous avez recueillies et expliquez que vous recommandez au directeur du PNV de suspendre l'utilisation du lot de vaccins antirougeoleux.

Il déclare :

« Nous allons enquêter sur ce problème immédiatement et envoyer une alerte à l’UNICEF afin de savoir ce qu'il en est dans les autres localités où ce lot a pu être distribué. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour stopper son utilisation et vérifierons de nouveau la stérilité et la qualité. »

Vous lui demandez s'il a besoin d'échantillons des flacons qui se trouvent dans votre laboratoire national de référence.

Il répond :

« Nous gardons en réserve des flacons de tous les lots dans nos propres laboratoires et nous testerons ces flacons en premier. Il est possible que nous ayons besoin de vos échantillons si nous ne trouvons aucune anomalie dans les flacons que nous avons en réserve. Je vous contacterai si nous avons besoin des échantillons et, dans tous les cas, je vous enverrai nos résultats dès qu'ils seront disponibles. »

Vous le remerciez et lui donnez votre courriel.

  • La vérification des échantillons dont dispose Klinigen peut permettre de déterminer si le lot lui-même présente une anomalie ou s'il y a eu un problème lors du transport/approvisionnement du vaccin vers le Reganda.

Envoyer directement à tous les centres de vaccination un courriel donnant l'ordre de suspendre temporairement la campagne de vaccination de masse non sélective.

Vous demandez à votre secrétaire Shara la liste des courriels de l’ensemble des centres de vaccination, et indiquez que vous voulez suspendre le programme de vaccination contre la rougeole.

  • Cette action n’entre pas dans le cadre de la mission de l'ANR. De plus, la suspension de l’intégralité de la campagne de vaccination contre la rougeole pourrait amoindrir la confiance du public à l’égard du programme. À ce stade, vous pouvez agir de manière plus spécifique, p. ex. en retirant uniquement le lot suspect.

Elle répond :

« Nous n'avons pas ce type de liste de courriels. Il nous faudrait la demander au PNV et, quoi qu'il en soit, il leur revient de décider si le programme doit être suspendu ou non. Si vous pensez vraiment qu'il est indispensable d'arrêter le programme, vous devez contacter le Dr Maia Rayon, qui est la directrice du PNV. »

  • Veillez à toujours passer par les canaux appropriés, dans ce cas le PNV.

Lire le compte-rendu pathologique.

Vous parcourez le rapport d'autopsie d’Ahmed Alabi, qui est décédé à l'hôpital de Hinandi. Le rapport est daté du 18 avril et il porte la signature du pathologiste en chef. Il contient de nombreux détails, mais le principal résultat concerne l'histologie du cerveau.

Encéphalite grave (pas de signe d'infection).

De même, le rapport d'hématologie n'a pas détecté d'infection.

  • Cette information est pertinente. Ces résultats contribuent à exclure une infection comme cause du décès.

Contacter le Ministère de la santé.

À 16 h 30 vous avez un court appel téléphonique programmé avec la Ministre de la santé, le Dr Meeta Swahami. Vous l'informez que vous allez envoyer un rapport sur une grappe potentielle de réactions au vaccin et expliquez brièvement les circonstances. Vous lui dites que vous vous êtes entretenu avec la directrice du PNV et qu'un seul lot de vaccins semble être concerné.

  • Il est extrêmement important de fournir des informations appropriées et en temps opportun au Ministère de la santé, afin d’assurer une gestion adéquate des problèmes de sécurité des vaccins à tous les niveaux.

Elle répond :

« Dois-je faire une déclaration à la télévision nationale ? Je dois intervenir vendredi dans l'émission « Good Morning Reganda. »

Suite à sa demande, vous lui suggérez de ne faire aucune déclaration avant d'avoir reçu votre rapport, qui arrivera dans les 2 prochains jours. Vous lui dites également que si une déclaration est faite, il serait préférable qu’elle émane d’un expert du comité d’examen des MAPI.

  • La Ministre et vous-même convenez qu’il est important de préserver la confiance du public à l’égard du programme de vaccination et de poursuivre les investigations à partir des déclarations scientifiques. Ces déclarations doivent être faites, de préférence, par des experts indépendants, car leur opinion contribuera à accroître la qualité et la puissance de vos messages adressés au public.

Demander une mise à jour de la carte des localités concernées par les MAPI.

Shara, votre secrétaire, met rapidement à jour la carte qui se trouve contre votre mur à l’aide des dernières données.

  • La cartographie des cas de MAPI peut être utile pour visualiser les caractéristiques géographiques des manifestations qui surviennent.
  • La carte confirme le groupement des cas dans la région du sud de la province de Karoomana et de l’est de la province de Weston.

Contacter le distributeur du vaccin.

Vous téléphonez à M. Yen chez Yuchong Medical Supplies, et vous lui demandez de cesser immédiatement la distribution du lot de vaccins
U-5773.

Il répond :

« Je vous ai déjà dit que nous avions distribué la totalité de ce lot. Voulez-vous que j’arrête la distribution des lots en cours, U-5889 et V-1119 ? »

Vous lui demandez de poursuivre la distribution.

  • Il est maintenant trop tard pour arrêter la distribution du lot U-5773. Elle doit être interrompue dans les centres de vaccination.