Après-midi de la 1re journée, vendredi 8 avril 2012

Après une courte pause-déjeuner, vous continuez à réunir des informations.

Sélectionnez, parmi les activités suivantes, celles que vous entreprendriez ensuite.

 

 

 


Vous entretenir avec Sarita Priya au centre de vaccination de Chandra.

Sarita Priya est très occupée à réaliser une autre session de vaccination. Des personnes font la queue à l'extérieur avec leurs jeunes enfants et elle inscrit méthodiquement les renseignements dans le registre avant d'administrer une injection à chaque enfant. Dans chaque cas, l'injection est pratiquée par voie sous-cutanée à la partie supérieure du bras, avec une dose de 0,5 ml prélevée dans un flacon multidoses à l'aide d'une seringue à usage unique (autobloquante). Celle-ci est jetée dans un conteneur de sécurité. Vous la voyez également inscrire sur le côté de chaque flacon l'heure à laquelle il a été reconstitué.

Sarita prend aussi le temps d'expliquer aux parents exactement ce qu'elle fait et pourquoi cela contribuera à protéger leurs enfants. Pour les enfants nécessitant un vaccin antirougeoleux, elle vérifie également si l'enfant a déjà reçu ce vaccin. Si tel n'est pas le cas, elle indique aux parents quand la seconde injection devra avoir lieu et leur explique qu'il se peut que l'enfant ne soit pas totalement protégé jusqu'à ce qu'ils fassent pratiquer cette seconde injection.

L'administration du vaccin semble parfaitement conforme à la recommandation du fabricant, c'est-à-dire 0,5 ml par voie sous-cutanée pour les enfants âgés de plus de 9 mois.

Sarita ne peut s'interrompre très longtemps, en raison de la file d'attente. Elle se retire toutefois pour s'entretenir avec vous en privé pendant deux minutes.

Elle déclare :

« Avez-vous consulté tous les renseignements concernant Martha dans le registre ? Nous n'avons pas eu d'autres problèmes et personne d'autre n'est revenu au centre. Cependant, les parents sont quelque peu inquiets au sujet du vaccin, car je les ai entendus parler entre eux dans la file d'attente. Je pense que certains d'entre eux connaissent Mme Chidawayo, qui leur a probablement parlé. Et autre chose… nombre d'entre eux ont pris un de ces dépliants sur l'épidémie de rougeole et les raisons d'être du programme de vaccination – plus que d'habitude. »

Après quoi elle repart pour poursuivre la session de vaccination.

  • Cette action est pertinente.
    Rendre visite au personnel qui a pratiqué la vaccination permet d'observer la façon dont l'agent de santé travaille et manipule le vaccin. Les dépliants contribuent à répondre aux besoins d'information des patients et sont étayés par des explications supplémentaires fournies par l'agent de santé

Inspecter le site où la session de vaccination s’est déroulée.

Vous décidez de compléter votre conversation avec Sarita en vérifiant le site où la vaccination a eu lieu.

Le site est une petite pièce propre jouxtant le centre de santé, équipée de deux chaises, d'une table et d'un réfrigérateur. Il y a des réserves de seringues à usage unique (autobloquantes) et de boîtes de diluant dans un placard situé au-dessus du réfrigérateur. La session du jour vient juste de se terminer et tout a été rangé. Il y a un conteneur de sécurité pour les seringues usagées et les ampoules sont éliminées de manière appropriée.

Le réfrigérateur dont l'intérieur est tapissé de glace est en état de marche et ne contient pas d'autre médicament que les vaccins. L'intérieur est froid - le thermomètre indique + 4 °C. À l'intérieur du réfrigérateur on trouve des réserves de vaccin antirougeoleux Klinigen provenant de deux lots différents. Le lot le plus ancien (T-7104) ne contient que quatre ampoules, mais toutes sont intactes ; la date de péremption est août 2012. Il y a de grandes boîtes en carton correspondant au lot de vaccins le plus récent (U-5773), dont une actuellement ouverte ; sa date de péremption est octobre 2012.

Sur une étagère, vous trouvez un peu d'Easydil de Klinigen, qui est actuellement utilisé. L'étiquette indique clairement que le diluant doit être utilisé avec le vaccin. Il y a également une petite boîte d'ampoules d'adrénaline qui n'a pas été ouverte.

  • Cette action est pertinente.
    L'inspection du site où la session de vaccination s’est déroulée peut vous apporter des informations sur la manière dont le centre est géré et sur la nature des informations consignées.
  • Dans ce cas, le site semble bien géré, avec des registres clairs et des vaccins correctement stockés, utilisés avec le diluant approprié fourni par le fabricant.
  • Le nom du fabricant et les numéros des lots de vaccin et de diluant sont des informations importantes à noter au cours de l'investigation.

Au-dessus du réfrigérateur se trouve un registre de vaccination qui indique que le lot numéro U-5773 du vaccin ROR Klinigen et le lot numéro SR-2781 du diluant Easydil sont utilisés depuis le 15 mars. Toutes les vaccinations effectuées depuis le 25 février 2012 sont mentionnées dans ce registre qui est parfaitement à jour. Lors des six sessions de vaccination qui ont lieu au cours de la semaine précédente, 127 enfants environ ont reçu le vaccin antirougeoleux Klinigen et le nom de « Chidawayo » figure à 3 reprises.

  • 4 avril : Jaya Chidawayo (N° d'identification pour la vaccination : K-HUM-1188)
    72 Acacia Avenue, Karoom. Tél. : +049346 34 9098.
  • 4 avril : Martha Chidawayo (K-HUM-1219)
    18 Woodvale, Karoom. Tél. : +049346 22 1100.
  • 4 avril : Abdul Chidawayo (K-HUM-1236)
    3 Corona Street, Karoom. Tél. : +049346 21 5323

Ces trois enfants ont reçu le vaccin antirougeoleux.

  • Notez les renseignements spécifiques relatifs à l'enfant concerné, le numéro unique d'identification pour la vaccination. Vous devez également rechercher l'âge de l'enfant.

Envoyer des ampoules du vaccin et du diluant au laboratoire de bactériologie de l'hôpital de Karoom.

Vous repérez 4 flacons multidoses non ouverts du vaccin antirougeoleux et du diluant provenant des lots actuellement utilisés au centre de vaccination. Vous prélevez 10 flacons de vaccin et 10 flacons de diluant après avoir vérifié les numéros de lot. Vous préservez la chaîne du froid et vous les emportez en même temps que quelques flacons partiellement utilisés au centre en début de journée. Vous les apportez au laboratoire de bactériologie de l'hôpital de Karoom et les remettez au chef du laboratoire. Vous prélevez également au centre 10 ensembles de seringues et d'aiguilles autobloquantes non utilisés.

Le chef de laboratoire déclare :

« Que suis-je censé faire avec cela ? Le flacon ouvert contient certainement quelques bactéries et ce n'est pas le même que celui utilisé en début de semaine. Il ne nous apprendra rien. Je pourrais vérifier le flacon non ouvert pour voir s'il a été contaminé par des bactéries, mais nous ne sommes pas vraiment équipés pour pratiquer ce type de tests et je ne saurais pas quoi rechercher. »

  • Compte tenu des informations disponibles à ce stade, cette analyse n'est pas nécessaire pour le moment.
  • En général, l'analyse du contenu du flacon ouvert peut fournir des informations utiles et indiquer si ce lot de vaccins est contaminé d'une manière ou d’une autre, ainsi que la puissance. Le contenu du flacon en question ouvert et utilisé peut fournir des informations utiles si l'on soupçonne que le diluant utilisé n'est pas le bon (p. ex. insuline ou agent anesthésiant).
  • Avant d'emporter les flacons du centre, vous devez vous assurer que vous en avez le droit. La situation peut être différente d'un pays à l'autre et dépend du système local de notification et d'investigation des MAPI. Si une analyse est indiquée, notez qu'un laboratoire local n'est pas le lieu où réaliser une telle analyse. Un laboratoire de référence ou le fabricant du vaccin pourrait avoir besoin de ces flacons. Vous devez donc les mettre de côté pour le moment.

Vous rendre au service pédiatrique de l'hôpital de Karoom pour rendre visite à Mme Chidawayo et à sa fille.

Le Dr John Charman est le pédiatre le plus haut placé à l'hôpital de Karoom. Il a prévu d'examiner Martha Chidawayo à 11 heures. Martha est amenée par sa mère, et le Dr Charman vous présente avant de recueillir les antécédents médicaux.

Martha Chidawayo semble être une petite fille en bonne santé âgée de 2 ans et 10 mois – elle est née le 14 juin 2009. Elle n'a jamais été gravement malade, hormis des maladies infantiles ponctuelles. Elle a reçu une première série de vaccins (DTC, IPV, Hib) à l'âge de 3 mois (le 15 septembre 2009 à 9 heures) et a été vaccinée contre la rougeole (ROR) à l'âge de 10 mois (le 16 avril 2010 à 11 heures). Elle a été vaccinée une seconde fois contre la rougeole le 4 avril 2012. Toutes les vaccinations ont eu lieu au centre médical de Chandra. Elle n'avait eu aucun problème antérieur à la suite d'une vaccination et ses antécédents ne révèlent aucune incidence significative. Vous notez qu'aucune réaction aux vaccins ne s'est produite antérieurement.

Mme Chidawayo explique que Martha était somnolente à 13 heures dans l'après-midi suivant la vaccination. Dans la soirée elle a commencé à présenter des mouvements convulsifs et une fièvre élevée. Elle lui a donné un bain et tenté de lui administrer du paracétamol, mais Martha a eu des convulsions dans tout le corps durant toute la nuit de vendredi. Samedi en milieu de matinée elle avait commencé à récupérer et la fièvre avait diminué. Martha a toutefois été agitée pendant toute la journée. Dimanche, elle allait beaucoup mieux et avait commencé à s'alimenter normalement. Elle semble à présent aller bien.

Le Dr Charman examine Martha et observe qu'elle ne présente actuellement pas de fièvre ni d'éruption cutanée. Sa langue et sa gorge sont normales. Il ne trouve aucune hypertrophie significative des ganglions lymphatiques, le site d'injection à la partie supérieure du bras ne montre rien de significatif. Il prend sa température et pratique un examen neurologique succinct – tous deux sont normaux. Il pose des questions sur les autres symptômes qui pourraient être liés à des maladies parasitaires ou infectieuses prévalentes dans la région, mais Mme Chidawayo indique que sa fille n'a pas été malade et qu'elle a mangé normalement toute l'année.

Le Dr Charman décide de prélever un échantillon d'urine et de sang et de demander une numération formule sanguine ainsi qu'un frottis périphérique. Il envisage d'essayer de prélever un échantillon de liquide céphalo-rachidien mais estime que le risque l’emporte sur le bénéfice éventuel, puisque Martha semble être rétablie. Il demande que Martha lui soit ramenée en consultation au centre si les symptômes réapparaissent à quelque moment que ce soit.

  • Cette mesure est efficace pour obtenir davantage d'informations sur la manifestation indésirable et évaluer son issue.
  • Cet épisode fournit une description des symptômes, confirme le moment de l'apparition en rapport avec la vaccination et indique la durée. Pour remplir la fiche de notification vous devez vous en tenir à une description concise de la manifestation en utilisant, si possible, les définitions de cas standard de la Collaboration de Brighton. Abstenez-vous de tirer des conclusions hâtives et d'indiquer un diagnostic médical présumé sur le formulaire de notification.

Contacter l'hôpital de Karoom pour voir si des admissions pour crises convulsives ont eu lieu récemment.

Vous contactez le bureau des admissions de l'hôpital de Karoom. L'employé vérifie les registres. Aucun enfant n'a été admis pour une crise convulsive au cours des 5 derniers jours.

  • Cette activité n'est pas hautement prioritaire. Vous pouvez vous attendre à ce que l'hôpital vous contacte en cas d'inquiétude au sujet de maladies susceptibles d'être liées à la vaccination, car cela fait partie de votre travail. Il est important que vous vous assuriez de l'existence de telles lignes de communication avant la survenue d'une manifestation.

Faire examiner un échantillon sanguin de Martha Chidawayo.

Vous contactez le laboratoire de l'hôpital de Karoom et demandez que les résultats de l'analyse de l'échantillon sanguin de Martha Chidawayo vous soient transmis dès que possible.

Vous expliquez la situation et dites que vous souhaitez savoir s'il existe une infection ou une immunodéficience, car cela vous aidera à déterminer si les crises convulsives sont liées ou non à la vaccination ou à d'autres causes.

Le responsable du laboratoire promet de guetter l'arrivée de l'échantillon et de s'en occuper immédiatement.

  • Cette action est pertinente.
    Vous-même, le centre médical et l'hôpital êtes idéalement placés pour examiner et investiguer ce qui est arrivé à Martha. Ces tests font partie du domaine de compétence du laboratoire de l'hôpital et doivent donc être réalisés dès que possible.

Vérifier le dossier médical de Martha Chidawayo.

Le seul dossier médical que vous trouvez au nom de Martha Chidawayo est celui concernant sa naissance, qui s'est déroulée sans complication le 14 juin 2009 dans le service de maternité de Karoom. Il existe également un dossier concernant une série de vaccinations qu'elle a reçues à l'âge de 3 mois dans le cadre du PEV au Centre médical de Chandra. Elle était également présente lors d'une session de vaccination en avril 2010 (ROR). Il n'existe pas de dossier d'admission à l'hôpital ni de consultation au centre médical.

  • Ces informations ont déjà été révélées par la mère de Martha. En fonction de la situation, il peut être intéressant de vérifier une deuxième fois les dossiers médicaux. Les dossiers indiquent que Martha est en bonne santé depuis sa naissance et confirment ce que sa mère vous a dit.