Composants d’un vaccin

Les vaccins comptent de nombreux composants, dont des antigènes, des stabilisants, des adjuvants, des antibiotiques et des conservateurs.

Ils peuvent également contenir des sous-produits résiduels du processus de production. Il peut être utile de savoir précisément ce que contient chaque vaccin pour procéder à l'investigation des manifestations postvaccinales indésirables (MAPI) et choisir d'autres produits pour les personnes qui ont des allergies ou ont subi un événement indésirable connu ou suspecté d'être lié à un composant du vaccin.

Antigènes

Les antigènes sont les composants dérivés de la structure des organismes provoquant la maladie, qui sont reconnus comme « étrangers » par le système immunitaire et déclenchent une réponse immunitaire protectrice au vaccin.

Nous avons déjà abordé le sujet des antigènes, cliquez ici si vous voulez revoir le chapitre en question.

Stabilisants

Les stabilisants sont utilisés pour préserver l'efficacité du vaccin pendant le stockage. La stabilité des vaccins est essentielle, en particulier lorsque la chaîne du froid n'est pas fiable. L’instabilité peut entraîner la perte de l’antigénicité et une baisse de l’infectivité des vaccins vivants atténués. Les facteurs ayant une influence sur la stabilité sont la température et l’acidité ou l'alcalinité du vaccin (pH). Les vaccins bactériens peuvent devenir instables en raison de l’hydrolyse et de l’agrégation des molécules de protéines et d’hydrates de carbone. Parmi les stabilisants, on trouve MgCl2 (pour le VPO), MgSO4 (pour l’antirougeoleux), lactose-sorbitol et sorbitol-gélatine.

Adjuvants

Des adjuvants sont ajoutés aux vaccins pour stimuler la production d’anticorps contre le vaccin et renforcer son efficacité.

Les adjuvants sont utilisés depuis des décennies pour améliorer la réponse immunitaire aux antigènes des vaccins, le plus souvent dans les vaccins inactivés (tués). Pour les vaccins traditionnels, l'ajout d'adjuvants dans les formulations vise à renforcer, accélérer et prolonger la réponse immunitaire spécifique aux antigènes vaccinaux. Les vaccins de synthèse ou sous-unitaires purifiés récemment développés par des techniques biosynthétiques, de recombinaison et autres techniques modernes contiennent peu d'antigènes vaccinaux et ont besoin d’adjuvants pour induire la réponse immunitaire souhaitée.

Sur le plan chimique, les adjuvants sont un groupe de composants très hétérogène avec un seul point commun : leur capacité à induire la réponse immunitaire. La façon dont ils agissent sur le système immunitaire et la gravité des réactions indésirables qu’ils induisent varient considérablement, du fait de l’hyperactivation du système immunitaire.

Aujourd’hui, il existe plusieurs centaines de types d’adjuvants qui sont utilisés ou étudiés dans la technologie des vaccins.

Antibiotiques

Des antibiotiques (à l’état de trace) sont utilisés pendant la fabrication pour prévenir la contamination bactérienne des cellules en cultures tissulaires dans lesquelles les virus sont produits. Généralement, seules des traces apparaissent dans les vaccins, par exemple, le vaccin ROR et VPI contiennent chacun moins de 25 microgrammes de néomycine par dose (moins de 0,000025 g). Les personnes allergiques à la néomycine doivent être surveillées de près après la vaccination afin de pouvoir traiter immédiatement toute réaction allergique.

  • Ils sont utilisés pendant la fabrication pour prévenir la contamination bactérienne des cellules des cultures tissulaires dans lesquelles  les virus sont produits.
  • Généralement seules des traces apparaissent dans les vaccins, par exemple, le vaccin ROR et VPI contiennent chacun moins de 25 microgrammes de néomycine par dose.
  • Les personnes allergiques à la néomycine doivent être surveillées de près après la vaccination afin de pouvoir traiter immédiatement toute réaction allergique.

Conservateurs

Des conservateurs sont ajoutés aux vaccins multidoses pour prévenir la prolifération bactérienne et fongique. Il existe différentes substances, dont le thiomersal, le formaldéhyde ou des dérivés du phénol.

Thiomersal

  • Conservateur très souvent utilisé. Le thiomersal est un composé contenant de l’éthylmercure,
  • Il est utilisé depuis les années 1930 et aucun effet nocif n’a été signalé pour les doses utilisées en vaccination, sauf des réactions mineures (p. ex. rougeur, gonflement au site d’injection),
  • Il est utilisé dans les flacons multidoses et pour les flacons unidoses dans de nombreux pays car il permet de réduire les besoins/coûts de stockage,
  • Le thiomersal est surveillé de très près, car il contient de l'éthyl-mercure. Le Comité consultatif mondial de sécurité vaccinale surveille en permanence la sécurité du thiomersal. À ce jour, rien n'indique une toxicité lors de l'exposition au thiomersal dans les vaccins. Même à l'état de traces, le thiomersal ne semble avoir aucune influence sur le développement neurologique des nourrissons.

Formaldéhyde

  • Il est utilisé pour inactiver les virus (p. ex. VPI) et détoxifier les toxines bactériennes, comme celles utilisées pour produire les vaccins à base d’anatoxine diphtérique et tétanique,
  • Lors de la production, un processus de purification élimine la quasi-totalité du formaldéhyde dans les vaccins,
  • La quantité de formaldéhyde dans les vaccins est plusieurs centaines de fois inférieure à celle nocive pour les humains, même les nourrissons. Par exemple, le vaccin « 5-en-1 » DTC-HepB + Hib contient moins de 0,02 % de formaldéhyde par dose, ou moins de 200 parties par million.

Question

Laquelle des affirmations ci-dessous est fausse ?

A. Le thiomersal empêche la prolifération bactérienne et de ce fait augmente la viabilité des vaccins, ce qui est particulièrement utile pour le stockage et l’utilisation des flacons multidoses.
B. Les sels d’aluminium servent principalement à empêcher la contamination bactérienne des cellules en cultures tissulaires.
C. Les adjuvants servent à renforcer la réponse immunitaire.
D. Les stabilisants renforcent la stabilité d'un vaccin face aux changements provisoires de température et de pH.

Réponse

La réponse B est fausse.

  • Les sels d’aluminium ralentissent principalement la diffusion  de  l’antigène depuis le site d’injection, l’antigène est ainsi exposé plus longtemps  au système immunitaire. Les sels d’aluminium renforcent l’efficacité du vaccin.